Qui es-tu ?

Dans quelle filière étais-tu au lycée Turgot ?

Je viens de la filière D2 (promotion 2011-2013), après être sorti d’un Bac ES spécialité mathématiques.

Selon toi, quel type d’élève étais-tu (le bosseur, le chanceux, l’ambitieux) ?

Parmi les trois profils évoqués, j’aurai plutôt été un « bosseur sans ambition » dans le sens où seul le concours de l’ENS m’intéressait. En effet, je ne souhaitais pas aller en école de commerce ou en IEP, donc je m’étais focalisé sur l’ENS en plan A avec l’université Paris 1 en plan B.

Avec du recul, je me suis rendu compte que je n’avais pas abordé la prépa de la bonne manière. Je n’avais pas le bon état d’esprit, d’une certaine manière, je me suis « trop » mis la pression ce qui m’a plus paralysé que motivé dans mes études en prépa.

Que t’a apporté la prépa dans la suite de ton parcours ?

La prépa m’a apporté à la fois de bonnes bases et connaissances en économie, mais elle m’a surtout apporté une plus grande confiance en moi, notamment à l’oral avec les khôlles, et une plus grande résistance au stress.

Ton activité

Définis ton métier en trois mots clefs. Pourquoi ?

Je dirai que mon métier est méconnu, utile et passionnant.

En effet, je suis consultant pour les représentants du personnel. Notre rôle est d’accompagner les salariés élus dans leurs consultations et négociations avec leur Direction, ce qui est plus communément appelé le Dialogue Social en entreprise en France.

Quelles sont les études et les formations nécessaires pour exercer cette profession ?

Il n’y a pas vraiment de profil type pour ce métier, ce qui est d’autant plus intéressant car les collègues que l’on côtoie proviennent d’horizons très différents. On peut avoir fait des études de sociologie du travail, d’économie, de gestion/comptabilité, d’analyse financière, de droit social/droit du travail, etc… C’est très varié même s’il y a deux constantes : 

  • avoir un lien ou des connaissances concernant le fonctionnement d’une entreprise (gestion, finance, droit, organisation, …) et si possible du Dialogue Social (discussion élus des salariés/syndicats et la Direction)
  • ainsi qu’une maîtrise des chiffres (gestion de base de données, de documents comptables, bilans/comptes de résultats, fichier du personnel, etc…).

As-tu des responsabilités managériales ?

Je n’ai pas de responsabilité managériale officielle pour le moment étant donné que je suis encore un jeune professionnel (cela ne fait que 3 ans que je travaille) mais, étant dans une petite structure, (7 salariés en ce moment) mon spectre de responsabilité est assez large.

Es-tu en lien avec l’international ?

Ma profession est intimement liée au Droit du Travail français. Par conséquent, nous travaillons très largement dans un contexte francophone (en France, avec des personnes parlant français). Cependant, il peut arriver d’avoir quelques missions en dehors de la métropole (dans les DOM-TOM, par exemple), mais également dans des pays européens où des sociétés françaises ont des implantations/sites de production. Cela reste relativement rare. 

En revanche, on peut travailler dans des entreprises étrangères installées en France et dans ce cas on peut avoir des documents ou des échanges en anglais mais, là encore, cela reste assez rare.

Travailles-tu seul ou en équipe ? Travailles-tu en équipe (cabinet, prestataires…) ?

C’est un fonctionnement mixte. On réalise des rapports en équipe, on se partage le travail en amont mais une fois que chacun sait ce qu’il a à faire, il peut être relativement autonome sur sa partie.

Consultant auprès des Instances Représentatives du Personnel, ça gagne combien ?

Bien évidemment cela dépend des cabinets d’expertise (pour exercer ce métier il faut appartenir à un cabinet d’expertise-comptable même si l’on n’est pas comptable, ce qui est mon cas par exemple, et celui de la grande majorité des personnes effectuant ce métier), et de son « grade ». En effet, comme dans les sociétés de conseil classiques, on passe par différents stades : junior, confirmé, senior, manager, etc… Pour un consultant junior, sortant d’études, le salaire doit être compris entre 30 000 et 35 000€ euros bruts annuels environ (soit entre 1 800€ et 2 100€ mensuels nets environ), ce qui est un bon salaire pour commencer.

Quelles sont les possibilités d’évolution ? 

Comme dans un cabinet de conseil, on peut grimper les échelons petit à petit pour ensuite avoir des responsabilités managériales ou alors quitter le cabinet de conseil pour intégrer une autre structure (entreprise ou syndicat) pour un métier de chargé d’études, chargé de mission, responsable, etc… A savoir qu’après une expérience dans ce métier, certaines entreprises ne veulent pas vous embaucher étant donné que vous avez déjà travaillé avec des syndicats et des salariés élus représentants du personnel. Malheureusement, votre CV peut être mal vu par certains recruteurs, qui peuvent voir une personne « trop engagée » ou « trop revendicative ».

C’est quoi ta journée type ?

Elle est difficile à décrire car il y a plusieurs phases dans notre travail. Néanmoins, la plus importante est celle de « production » d’un rapport. Dans ce cas, la journée type peut ressembler à ça : 

  • réception et études de documents d’une entreprise (fichiers du personnel, documents RH et comptables, etc…)
  • traitement de ces données sur Excel (statistiques descriptives, tableau de tendance, d’évolution sur plusieurs années, etc…)
  • création de graphiques associés qui seront ajoutés au rapport
  • rédaction du texte du rapport, qui commente et s’appuie sur les chiffres produits sur Excel.

Les trois qualités à avoir ?

Je dirai qu’il faut de la curiosité, de la polyvalence et s’avoir s’adapter.

En effet, curiosité et polyvalence pour le spectre de données et de thématiques que l’on doit traiter et adaptation pour le cadre dans lequel on travaille, où il faut savoir parler à la fois à des syndicalistes, des directeurs d’entreprises, des salariés élus, etc…

Les compétences indispensables ?

Il faut avoir la maîtrise de la suite Office, notamment Word et PowerPoint pour la rédaction de rapports, et savoir notamment utiliser ou modifier une charte graphique.

Le principal outil reste Excel. Il faut donc une bonne maîtrise de ce logiciel et notamment des principales formules (formule « SI », « Recherche V », etc…). Savoir faire des macros est un plus mais ce n’est pas indispensable. De même, avoir des notions en gestion de base de données est un plus mais ce n’est pas rédhibitoire lors d’une embauche.

Quelles sont les difficultés inhérentes à ce métier ?

La charge de travail peut-être relativement intense à certains moments de l’année, mais surtout elle a tendance à être irrégulière. Il est possible d’avoir deux mois relativement « tranquilles », avec une charge de travail modérée, puis quatre mois avec beaucoup de dossiers en même temps. Cela peut être fatiguant d’autant que nos dossiers et/ou rapports doivent, en général, être réalisés en deux mois environ et que les échéances ne sont pas ajustables. Le temps imparti est donc relativement court et la pression peut monter compte tenu du travail à fournir.

Ton parcours

Comment en es-tu arrivé à faire ce métier ?

C’est en discutant avec des amis de l’université et certains professeurs que j’ai appris l’existence de ce métier. J’ai ensuite pu faire mon stage de fin d’études dans un cabinet d’expertise qui faisait ce travail et le métier m’a beaucoup plu.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

C’est un métier qui correspondait aux critères que je recherchais : c’est un métier enrichissant intellectuellement, utile socialement et qui permet d’être autonome financièrement, le salaire étant ceux des métiers du conseil, ils sont donc assez intéressants.

Voulais-tu faire cette profession lors de tes études ? Si oui, ce métier répond-il à tes attentes ?

Pendant une bonne partie de mes études, je ne savais pas exactement ce que je voulais faire et c’est à la fin de mon Master 1 que l’on m’a évoqué ce métier pour la première fois. C’est définitivement en Master 2 que je me suis renseigné et j’ai voulu faire ce métier et je n’en suis pas déçu aujourd’hui.

Ta satisfaction

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ta profession ?

C’est un métier très « complet » avec beaucoup de facettes différentes : traitement de données, production de rapport, entretiens avec des salariés ou des Directeurs d’une entreprise, présentation des rapports en réunion devant les représentants du personnel et la Direction, etc… De plus, ce métier a pour but de permettre aux représentants des salariés de défendre les droits des salariés et d’essayer de leur obtenir des droits ou avantages en contrepartie de leur travail.

Que t’apporte ce métier sur le plan personnel ?

C’est notamment là que je vois que la prépa a pu m’aider, me préparer d’une certaine manière à ce genre de métier : je peux résister à la pression et faire face à des périodes où la charge de travail est intense. J’ai également gagné en confiance en moi, une certaine assurance, notamment à l’oral. 

Les khôlles m’ont beaucoup donné dans ce domaine-là par exemple. De plus, j’ai pu approfondir une certaine culture générale sur le monde de l’entreprise (RH, éco, compta, droit du travail, etc…) que j’avais déjà pu construire lors de mes études supérieures en prépa et à la fac.

Le mot de la fin ?

Restez bien à l’écoute de vos amis, camarades de promotion et professeurs car c’est en discutant avec eux et en écoutant leurs conseils que vous pourrez trouver votre « voie », que ce soit en poursuite d’études ou pour un travail. C’est, en tout cas, ce qui a marché pour moi. 

Vous avez des questions à poser à Donatien Censier-Marty ? Rendez-vous sur l’annuaire ICI.

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