Alumni D2 2014, Armand Cosseron a poursuivi son parcours en communication, avant de s’investir dans l’égalité des chances. Il revient sur la manière dont il a construit sa trajectoire et les différentes questions qu’il a pu se poser.
Note : Armand est l’un des co-fondateurs de Turgot Alumni.

QUI ES-TU ?

Que fais-tu aujourd’hui ? 

En plus d’un fort engagement associatif (je suis actuellement investi dans deux associations), j’ai deux activités professionnelles.

Je suis chef de projet chez Diversidays, une bébé association (elle a été créée en 2018). Ses deux fondateurs ont constaté que le numérique était un formidable levier économique, mais qu’une partie de la population était délaissée. Pire encore : plusieurs personnes talentueuses étaient mises à l’écart à cause de leurs origines sociales, culturelles, ou territoriales… Autrement dit, si tu n’es pas un homme blanc, diplômé de grande école, ce n’est pas évident de te faire une place dans le monde des start-ups numériques ! Loin de vouloir leur jeter la pierre, Diversidays a été fondée dans l’idée de « booster » les personnes sous-représentées, à travers plusieurs programmes d’accompagnement. Ils s’appuient sur le coaching en compétences entrepreneuriales (par exemple comment prendre confiance-en-soi ? S’exprimer en public ? Auprès des médias ?), en networking (on connecte les personnes qu’on accompagne à des entrepreneurs, directeurs ou élus qui peuvent donner un coup de main à leurs projets) et en communication (à travers des conférences de presse et un grand événement où chacun des entrepreneurs accompagnés peuvent présenter leur parcours et inspirer à leur tour d’autres personnes).

Mon rôle dans tout ça ? J’ai rejoint l’équipe alors que l’association n’avait que trois mois et s’apprêtait à organiser son premier tour de France. En réalité, nous ne sommes que deux à travailler à temps plein (mais on compte sur une solide communauté de 20 bénévoles et freelances pour nous accompagner !). J’ai la chance d’avoir un rôle très polyvalent, car je copilote l’ensemble des projets que l’on mène :

  • les programmes d’accompagnements en région (on en fait entre deux et quatre par an, et ils durent environ deux semaines). Je contribue à la construction du programme pédagogique et à la sélection des intervenants. Je coordonne aussi les différents bénévoles et partenaires : il y a toute la dimension logistique à assurer !
  • la communication (après tout, c’est ce à quoi j’ai été formé.) : je file un coup de main sur la veille sectorielle, les réseaux sociaux et les relations presse (heureusement, on a une agence de communication qui nous aide !).
  • les événements que l’on organise (au moins un par mois) : c’est principalement de la coordination pour s’assurer que l’on dispose bien d’un lieu, d’intervenants et d’équipes créatives pour créer les visuels ou assurer les captations vidéos.
  • le développement commercial : identifier les potentiels partenaires, préparer et participer aux RDV.

Et, à côté de ça, je suis aussi freelance en communication. J’aide les agences de communication dans les missions qui leur sont confiées par leurs clients. Elles font appel à moi pour réaliser des études de marché ou des recommandations stratégiques. Cela veut dire que j’analyse les stratégies et méthodes de communication des entreprises d’un secteur donné, afin de créer une cartographie de ce qui existe. Quels sont les acteurs visibles d’un secteur ? Comment communiquent-ils ? Quelles sont les tendances ? Quelles sont les meilleures pratiques ? Les choses à éviter ?

Je fais aussi des missions de rédaction. Je rédige des articles de blog ou des contenus pour les réseaux sociaux. C’est ce qu’on appelle le « brand content » : il s’agit d’articles créés par des marques à destination de leurs utilisateurs, mais qui ne sont pas en lien direct avec leur business. Elles ne cherchent pas à vendre, mais à influencer. Par exemple, j’ai déjà écrit des articles sur le bien-être au travail pour une agence de co-working, et même sur la vie du chantier d’un édifice vieux de 1 500 ans !

Quel a été ton parcours pour arriver jusque là ? 

Mon parcours a été sinueux. Certains choix m’ont paru pertinents sur le moment, d’autres ont été très incertains. Je ne pense pas avoir choisi le chemin le plus « rapide », pour arriver où je suis aujourd’hui, mais quelle importance ? L’essentiel, c’est d’être bien où je suis, maintenant. Et je me considère très chanceux, car c’est le cas ! Et puis, les parcours en « lignes droites », sans détours, me paraissent de plus en plus rares. Je suis même convaincu que le parcours sinueux est la nouvelle norme !

C’est au milieu de ma deuxième année à Turgot que j’ai accepté de voir les choses en face : l’ENS n’était clairement pas pour moi. Et les écoles de commerce m’attiraient moins. Je m’entendais très bien avec les étudiants de la promotion au-dessus de moi. L’un de mes meilleurs amis avait rejoint le CELSA, l’école de communication de la Sorbonne et il ne m’en disait que du bien ! En plus, ils avaient des filières RH et Marketing, autant dire que c’était les secteurs qui m’intéressaient. Rentrer au CELSA, c’était renouer avec mes premiers amours. Et la cerise sur le gâteau : ma marraine de prépa présentait le concours le même année que moi. Alors autant foncer ! On est en décembre 2013 et c’est décidé : je mise tout sur le CELSA. Dorénavant, je mettrais toute mon énergie là-dedans. J’allais capitaliser sur l’énergie studieuse et la préparation de l’ensemble de la classe pour me motiver à préparer, seul, mes concours. Il ne me restait que trois mois pour devenir un as de la communication. J’ai foncé dans une librairie acheter une poignée de bouquins et, avec ma marraine, on s’est motivé pour ficher ensemble chaque semaine. Une véritable machine de guerre !

On a passé les concours un dimanche. Je ne savais même pas que c’était possible. Dans ma promo’, j’ouvrais la saison des concours : l’ENS n’était que dans une dizaine de jours. J’étais le seul à présenter le CELSA ; j’avais donc l’impression d’être le gars qu’on envoyait en première ligne pour voir à quoi ça ressemblait, les concours.

Cette année-là, j’ai raté les concours. Je dois reconnaître que ça m’a fait un choc. Dans la classe, on s’encourageait les uns les autres, en se disant « Mais toi, de toute façon, tu vas l’avoir ». C’était des bêtises, des mots lancés à la volée et auxquels on souhaitait tous se raccrocher. Ça nous donnait du courage sur le moment mais, sur la ligne d’arrivée, on a été beaucoup de déçus. Notre année, même les khûbes n’ont pas eu ce qu’ils voulaient.

Honnêtement, ça n’a pas été facile à digérer. Après trois années de prépa et avoir présenté trois banques d’épreuves différentes (le CELSA, l’ENS et l’EDHEC -après tout, je m’étais retrouvé en prépa pour rejoindre une école de commerce, alors c’était la moindre des choses d’en présenter au moins une), me voilà avec zéro concours. Rien, nada. Ma seule bouée de sauvetage (car il faut toujours un plan B), était la licence de communication de la Sorbonne Nouvelle. C’était une bonne chose, car je validais mes équivalences en économie. En plus, j’y retrouvais ma marraine de prépa !

En revanche, ça voulait dire une chose. J’avais six mois pour trouver mon premier stage en communication (un domaine que je découvrais tout juste). J’allais me retrouver en concurrence avec des étudiants formés en BTS ou en IUT : autant dire, des personnes qui connaissaient déjà deux-trois trucs. J’ai donc fait ce que tout le monde aurait fait à ma place : j’ai rejoint la fédération nationale de quidditch ! (Oui, ça existe.) Là-bas, j’ai pris la tête du service communication, ce qui m’a permis de mettre en pratique ce que j’apprenais en cours. Comment rendre ce sport plus connu ? Comment faire circuler l’information au sein de la communauté (350 personnes, à l’époque) ? C’est ainsi que j’ai fait mes premières armes.

Après une longue hésitation, j’ai retenté les concours d’entrée au CELSA. Je ne savais pas où trouver la motivation pour faire encore mieux (j’avais quand-même été admissible la première année : j’avais validé les écrits. Là, je repartais de zéro). C’est un ami de prépa qui m’a donné cette motivation. En fait, il m’a fait comprendre que si je ratais mes concours une deuxième fois, j’allais rester dans une formation qui ne me correspondait pas (Paris 3 est une très belle université ! Mais l’esprit fac n’était pas fait pour moi).

Je ne sais pas comment, j’ai encore validé les écrits. Pourtant, j’étais clairement moins inspiré. Vous vous en doutez, je redoutais l’épreuve orale. La dernière fois, j’avais tellement stressé, que j’avais répondu par onomatopées. C’est dommage pour un entretien de motivation et de personnalité. Mais là, ça faisait quand-même un an que je travaillais sur moi. Donc voilà le jour de l’entretien qui arrive. Je me rends au CELSA et j’attends devant la salle. On me demande de rentrer et là… je tombe sur le même président de jury ! Celui qui m’avait recalé l’année d’avant ! En réalité, je n’ai pas senti de différence flagrante entre les deux entretiens. (Imaginez le moral à la sortie.) Mais j’avais eu plus de répondant que la fois dernière. Ma seule satisfaction était d’avoir fait rire le jury une ou deux fois.

Je suis rentré au CELSA. Je ne vous ai pas dit, mais j’avais longuement hésité entre la filière RH et Marketing. Finalement, j’avais opté pour le Magistère (la plus généraliste, mais aussi celle où on taffe le plus). J’aimais l’idée de ne toujours pas me spécialiser, garder cette polyvalence. Et puis, avec trois ans de prépa derrière moi, je voulais toujours me prouver que j’étais capable d’être parmi les bosseurs.

Au total, j’ai fait quatre stages. Trois d’entre eux étaient dans la communication corporate (c’est la communication d’une entreprise : comment faire pour qu’une marque ait une image positive ? Pour recruter des candidats ? Comment communiquer aux médias, ou gérer une crise ?) Je suis passé par le service communication de l’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) et deux agences de communication. J’ai fait un crochet à Londres pour devenir chasseur de têtes : je souhaitais découvrir le secteur RH (en accord avec mes envies d’antan).

Est-ce que j’ai été convaincu par chacune de ces expériences ? Non. Mais elles m’ont aidé à construire mon parcours professionnel. L’expérience la plus déterminante a été mon dernier stage. Je voulais retourner dans une agence de communication corporate, dans l’idée de décrocher un CDI derrière. Et tant qu’à faire, autant aller frapper aux portes des grands noms de la communication. Jusque-là, j’avais favorisé les structures à taille humaine. Là, j’ai visé haut. Paraît-il, ça fait toujours bien d’avoir un grand nom sur son CV. J’ai donc rejoint TBWA\Corporate (n°2 mondial), au service planning stratégique. C’était vraiment le poste que je voulais ! Le planning stratégique, ça consiste à analyser les tendances de consommation de la société (donc il y a un aspect très psychologique et sociologique) et, à partir de là, en créer des stratégies de communication pour les entreprises. C’était passionnant et les personnes avec lesquelles je travaillais étaient brillantes ! Mais il y avait de nombreux défauts (le rythme de travail, la mauvaise rémunération, la difficulté à voir les résultats concrets). Pour un stage, ce n’était pas un problème, loin de là ! Mais est-ce que je me voyais vraiment avoir pareil métier ? Je devais me rendre une nouvelle fois à l’évidence : non, certainement pas.

Tous mes choix d’orientation, je les ai faits avec un seul objectif : à la seconde où je serai diplômé, j’enchaînerai avec un CDI. Je ne vous dit pas mon désarroi lorsqu’à la fin de mon stage, je me suis posé la question : et maintenant, je fais quoi ? J’avais prévu de passer plusieurs années dans une agence comme TBWA, mais voilà que le métier ne m’attirait plus du tout. Alors je vais où ? Je me tourne vers qui pour m’aider ?

En tout bien tout honneur ! J’ai compté sur deux réseaux : les Alumni du Celsa et… Turgot Alumni ! J’ai rencontré une dizaine de personnes, à qui j’ai proposé de boire un café en échange de 30 minutes de leur temps. 30 minutes pour qu’ils me parlent de leur métier, tout simplement. C’était super enrichissant et ça m’a réconforté dans une chose : je n’étais vraiment pas fait pour devenir planneur stratégique.

Dans cette dynamique, et totalement par hasard, je reprends contact avec un ancien collègue d’agence. En fait, je vois passer un article qui me fait directement penser à lui, car c’est en lien avec sa nouvelle activité. En effet, cet ancien collègue avait quitté l’agence pour créer sa propre association. Je lui ai envoyé l’article en lui disant : « je ne sais pas si tu as vu passer, mais ça peut toujours t’inspirer ». Il m’a appelé dans la foulée pour me dire qu’il était seul dans son association et qu’il recherchait un bras droit. La semaine d’après, je rejoignais Diversidays.

Pourquoi avoir choisi cette activité ?

En rejoignant Diversidays, je suis aussi devenu freelance. J’ai réalisé, avec le recul, que ça me correspondait pour plusieurs raisons :

  • le côté autonome : je choisis mes clients et avance à mon rythme
  • le côté polyvalent : outre le coeur de métier, un freelance touche aussi au juridique, à la comptabilité, etc.

Le truc marrant, c’est que je ne m’attendais pas du tout à travailler dans une association. J’ai été bénévole pour tellement d’associations que je n’imaginais pas une seule seconde que l’une d’entre elle me rémunèrerait un jour. Mais j’ai réalisé que, là aussi, ça correspondait à ma personnalité :

  • Avec Diversidays, on part de zéro : il s’agit de créer un projet depuis le départ, ce que j’ai toujours aimé faire.
  • On aide les gens à prendre confiance en eux. C’est quelque chose qui me tient particulièrement à coeur. J’espère que vous l’avez remarqué à travers ce qu’on fait avec Turgot Alumni.
  • On met nos compétences de communiquant au service des autres. C’est tellement satisfaisant ! Parfois, la communication se limite à des aspects très mercantiles, et ça peut rapidement devenir frustrant ou vide de sens.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce que tu fais aujourd’hui ? 

Dans mon activité, plusieurs choses me plaisent :

  1. Le lien de confiance que j’ai avec mes partenaires. J’ai la chance de travailler pour quelqu’un qui a confiance en moi, me laisse avancer en toute autonomie ou à mon rythme et sollicite même mon avis sur les questions stratégiques (ce qui est rare à un niveau junior).
  2. La liberté. Je travaille à mon rythme. Je peux avancer sur d’autres projets (comme Turgot Alumni). Je choisis mes clients (ce qui, avouons-le, est difficile).
  3. La bonne humeur. Je ne le savais pas, mais j’ai réalisé que c’était essentiel pour moi. Je ne peux pas travailler dans un cadre où je ne me marre pas avec mes collègues !

De quoi es-tu le plus fier ? 

Je suis quelqu’un d’averse au risque. Je déteste me mettre en danger. Je vais toujours préférer la solution la plus sûre, même si elle est moins valorisante. Pourtant, mes plus grandes fiertés viennent des moments où j’ai dérogé à cette règle.

Par exemple, il y a ce jour où j’ai vu passer une annonce pour devenir directeur de la communication de la fédération internationale de quidditch. À l’époque, je m’occupais de la communication de la fédération de France. Ça faisait un an et demi que j’y étais et j’avais bien creusé mon trou. Les choses commençaient à tourner convenablement. Il s’agissait donc-là d’un poste équivalent, mais à une plus grande échelle. La plus grande, en réalité. Rien que d’y penser, c’était vertigineux. J’ai regardé mes chances de succès et j’ai vu qu’elles étaient maigres. Je connaissais bien la situation du quidditch en France, mais pas à l’international. Et, Monsieur Vaudin peut en attester, l’anglais n’était pas du tout mon fort. J’étais clairement l’outsider.

Sur un coup de tête, j’ai postulé. Après tout, qu’est-ce que j’avais à perdre ? On allait me dire non et puis ça serait réglé. Finalement, je me suis retrouvé à devoir préparer un entretien en trois jours. Je ne savais pas qui d’autre postulait, mais c’était certain que pour un truc pareil, la compétition serait rude. Je me suis alors dit : « si je ne suis pas le meilleur en anglais, si je ne suis pas le meilleur communicant, alors il faut que je sois le seul avec une stratégie solide ». C’était ma force et je le savais : j’étudiais la communication depuis des années et je savais créer une stratégie. Lors de l’entretien, j’ai déroulé une présentation (j’avais passé une journée à la rédiger et à l’apprendre par coeur, en anglais) où je présentais chacune des actions que je ferais si j’étais recruté. J’ai montré très précisément quels seraient mes objectifs, pourquoi j’allais adopter ceux-là et comment j’allais faire pour les atteindre.

La semaine d’après, ils m’ont dit oui. Je n’en revenais pas ! Par la suite, j’ai appris qu’il y avait eu un autre candidat en face de moi. C’était mon homologue Britannique (qui, lui, n’avait pas du faire face à la barrière de la langue). C’était une grande fierté car je m’étais dépassé.

Je suis resté un an et demie à la fédération internationale de quidditch. Ça a été l’une des expériences les plus impressionnantes et formatrices de ma vie et j’en garde un très bon souvenir. Aujourd’hui, je suis très content de me dire que c’est parce qu’un jour, sur un coup de tête, j’ai osé postuler que j’ai pu bénéficier d’une telle expérience. J’ai pu surmonter mes appréhensions et les barrières que je m’étais imposées, tout seul. Depuis, je me répète souvent : « en fait, qu’est-ce que je ferais si je n’avais pas peur ? »

LA PRÉPA ENS D2

Pourquoi avais-tu choisi la prépa ENS D2 ?

Tout d’abord, le baccalauréat. J’avais fait un bac scientifique : je me débrouillais pas trop mal au lycée (milieu de classement) et je ne savais pas quoi faire. Donc j’ai pris l’option qui, paraît-il, m’ouvrait le plus de portes. Déjà, à l’époque, j’avais longuement hésité avec un bac économique et social. Je dois avouer que ce qui a motivé ma prise de décision à été les choix de mes amis (tous partis en S) et l’insistance de mes parents.

Mais que faire ? Je ne veux devenir ni ingénieur, ni médecin, ni biologiste, ni vétérinaire, ni… En fait, je ne sais absolument pas ce que je veux faire. Ma seule certitude est que je veux fuir les métiers manuels, car je suis très limité dès lors qu’il s’agit de faire quelque chose de mes deux mains. Je suis allé voir ma prof’ principale, qui m’a dit que j’étais tout indiqué pour une prépa économie : plusieurs matières (donc assez généraliste) et laissant deux ans de plus pour se faire une idée. Les débouchés étant les écoles de commerces, voilà qui traçait ma route pour les cinq prochaines années.

J’abrège une partie de l’histoire. Là-bas, on me recommande vivement de me réorienter vers les prépas D2, ces formations mi-prépa, mi-fac. Je me retrouve donc au Lycée Turgot, à Paris, toujours dans l’idée d’intégrer une école de commerce. À l’époque, je souhaitais devenir directeur des ressources humaines, ou travailler dans le marketing. J’ignorais tout de ce que ça signifiait concrètement, mais je me disais que j’aurais l’occasion de me spécialiser en dernière année de master. Pour le moment, il était temps de bosser.

Mais pas évident de préparer un concours qui ne nous attire pas tant. Car, il fallait l’avouer, je ne voulais ni devenir enseignant, ni chercheur. Sur le moment, je ne me posais pas vraiment la question. J’étais dans une prépa ENS D2, alors autant jouer le jeu et tout miser sur l’ENS. Plus j’assurais dans ma préparation, meilleures étaient mes chances d’entrer dans une formation d’excellence. Enfin… Il y a un moment où il fallait être réaliste. Après bientôt trois années de prépa, à étudier l’économie, je sentais que j’atteignais mes limites. Si j’étais vraiment fait pour ça, le déclic se serait produit. Pourtant, je savais que j’étais travailleur (et pas trop stupide). C’est pourquoi j’ai décidé de préparer d’autres concours, moins en lien avec l’économie.

Qu’est-ce que la prépa t’a apporté pour la suite de ton parcours ?

La prépa m’a apporté un goût pour le travail (qui, je dois l’avouer, ne s’est révélé que bien plus tard), la capacité à ingérer beaucoup d’information en très peu de temps. Surtout, ça m’a apporté des amis en or (les premières personnes que j’ai rencontrées le premier jour, en attendant l’ouverture des portes, font aujourd’hui parti de mes meilleurs amis. Je suis en contact avec eux quasiment tous les jours.).

Quel est ton conseil pour les étudiants actuels ? 

  1. Osez ! Osez suivre votre instinct, osez poser des questions, osez prendre contact avec ces gens que vous ne connaissez pas. Ça vous apportera bien plus que ça ne vous coûtera.
  2. Croyez en vous : vous avez déjà accompli beaucoup, même si ça paraît insignifiant pour le moment. Et vous avez le potentiel d’accomplir de très belles choses !
  3. Écoutez-vous. Seuls vous savez ce qui est le mieux pour vous. Fiez-vous à votre instinct, soyez attentifs à ce que vous ressentez. Écoutez vos émotions, elles peuvent servir de très bons guides.

Vous souhaitez prendre contact avec Armand Cosseron ? Rendez-vous sur l’annuaire Turgot Alumni 2019-2020 !

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